DES_4/DES426
Marceline Desbordes-Valmore
POÉSIES INÉDITES
1860
ENFANTS ET JEUNES FILLES
LA PETITE PLEUREUSE, À SA MÈRE
         On gronde l’enfant 5
         À qui l’on défend 5
         De pleurer quand bon lui semble ; 7
         On dit que les fleurs 5
5 Sèchent bien des pleurs… 5
         Tu mêles donc tout ensemble ? 7
         Oui, maman, je t’ai vue avec ton air joyeux, 6+6
         Le rire sur la bouche et les larmes aux yeux. 6+6
         Au bal, sous ses bouquets, j’ai vu pleurer ma mère. 6+6
10 J’ai baisé cette larme, elle était bien amère. 6+6
         Viens que je te console. Avais-tu trop dansé ? 6+6
         Moi, je ne gronde pas ! Moi, quand mon pied lassé 6+6
         Me défend d’être bien aise. 7
         L’ennui qui me prend 5
15 M’arrête en courant, 5
         Et je m’endors sur ma chaise. 7
         Oh ! si je viens encor pleurer sur tes genoux, 6+6
         Maman, ne me dis plus : « Vous n’êtes pas gentille ! » 6+6
         Dansons, quand nous pouvons, ou pleurons entre nous, 6+6
20 Mais ne nous grondons pas : vois-tu, je suis ta fille, 6+6
         Et je t’aime, et je vais prier Dieu tous les jours 6+6
         De m’égayer beaucoup pour t’égayer toujours ! 6+6
         Embrasse donc bien fort ta petite chérie, 6+6
         Et jamais, plus jamais ne dis : « vous »…, je t’en prie ! 6+6
25 Ainsi consolons-nous et donnons-nous la main : 6+6
         Si nous pleurons ce soir, va ! nous rirons demain ! 6+6
mètre profils métriques : 5, 7, 6+6
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