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Louise-Victorine Ackermann
PREMIÈRES POÉSIES
1862
XIII
Deux vers D'Alcée
Ίόπλοχ´ άγνά µειλιχόµειδε Σαπφοί,
θέλω τι Fείπñν, άλλά µε xωλύει αίδώς.
Alcée.
         Quel était ton désir et ta crainte secrète ? 12
         Quoi ! le vœu de ton cœur, ta Muse trop discrète 12
         Rougit-elle de l'exprimer ? 8
         Alcée, on reconnaît l'amour à ce langage. 12
5 Sapho feint vainement que ton discours l'outrage, 12
         Sapho sait que tu vas l'aimer. 8
         Tu l'entendais chanter, tu la voyais sourire, 12
         La fille de Lesbos, Sapho qui sur sa lyre 12
         Répandit sa grâce et ses feux. 8
10 Sa voix te trouble, Alcée, et son regard t'enflamme 12
         Tandis que ses accents pénétraient dans ton âme, 12
         Sa beauté ravissait tes yeux. 8
         Que devint ton amour ? L'heure qui le vit naître 12
         L'a-t-elle vu mourir ? Vénus ailleurs peut-être 12
15 Emporta tes vœux fugitifs. 8
         Mais le parfum du cœur jamais ne s'évapore ; 12
         Même après deux mille ans je le respire encore 12
         Dans deux vers émus et craintifs. 8
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