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Pétrus Borel
Rapsodies
1832
RAPSODIES
Doléance
À Francisque Borel.
Moerore conficior
Rudiment.
         Son joyeux, importun,d'un clavecin sonore, 6+6
          Parle, que me veux-tu ? 6
         Viens-tu, dans mon grenier,pour insulter encore 6+6
          A ce cœur abattu ? 6
5 Son joyeux, ne viens plus ;verse à d'autres l'ivresse ; 6+6
          Leur vie est un festin 6
         Que je n' ai point troublé ;tu troubles ma détresse, 6+6
          Mon râle clandestin ! 6
         Indiscret, d' viens-tu ?Sans doute une main blanche, 6+6
10  Un beau doigt prisonnier 6
         Dans de riches joyauxa frappé sur ton anche 6+6
          D'ivoire et d'ébénier. 6
         Accompagnerais-tud'une enfant angélique 6+6
          La timide leçon ? 6
15 Si le rhythme est bien sombreet l'air mélancolique, 6+6
          Trahis-moi sa chanson. 6
         Non : j'entends les pas sourdsd'une foule ameutée, 6+6
          Dans un salon étroit 6
         Elle vogue en tournantpar la valse exaltée 6+6
20  Ébranlant mur et toit. 6
         Au dehors bruits confus,cris, chevaux qui hennissent, 6+6
          Fleurs, esclaves, flambeaux. 6
         Le riche épand sa joie,et les pauvres gémissent, 6+6
          Honteux sous leurs lambeaux ! 6
25 Autour de moi ce n'estque palais, joie immonde, 6+6
          Biens, somptueuses nuits. 6
         Avenir, gloire, honneurs :au milieu de ce monde 6+6
          Pauvre et souffrant je suis, 6
         Comme entouré des grands,du roi, du saint office, 6+6
30  Sur le quémadero, 6
         Tous en pompe assembléspour humer un supplice, 6+6
          Un juif au brazero ! 6
         Car tout m'accable enfin ;néant, misère, envie 6+6
          Vont morcelant mes jours ! 6
35 Mes amours brochaient d'orle crêpe de ma vie ; 6+6
          Désormais plus d'amours. 6
         Pauvre fille ! C'est moiqui t'avais entrnée 6+6
          Au sentier de douleur ; 6
         Mais d'un poison plus fortavant qu'il t'ait fanée 6+6
40  Tu tuas le malheur ! 6
         Eh ! Moi, plus qu'un enfant,capon, flasque, gavache, 6+6
          De ce fer acéré 6
         Je ne déchire pasavec ce bras trop lâche 6+6
          Mon poitrail ulcéré ! 6
45 Je rumine mes maux :son ombre est poursuivie 6+6
          D'un geindre coutumier. 6
         Qui donc me rend si veuleet m'enchne à la vie ?… 6+6
          Pauvre Job au fumier ! 6
mètre profils métriques : 6+6, 6
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