COP_3/COP56
François Coppée
LE CAHIER ROUGE
1874
Morceau à quatre mains
         Le salon s'ouvre sur le parc 8
         Où les grands arbres, d'un vert sombre, 8
         Unissent leurs rameaux en arc 8
         Sur les gazons qu'ils baignent d'ombre. 8
5 Si je me retourne soudain 8
         Dans le fauteuil où j'ai pris place, 8
         Je revois encor le jardin 8
         Qui se reflète dans la glace ; 8
         Et je goûte l'amusement 8
10 D'avoir, à gauche comme à droite, 8
         Deux parcs, pareils absolument, 8
         Dans la porte et la glace étroite. 8
         Par un jeu charmant du hasard, 8
         Les deux jeunes sœurs, très exquises, 8
15 Pour jouer un peu de Mozart, 8
         Au piano se sont assises. 8
         Comme les deux parcs du décor, 8
         Elles sont tout à fait pareilles ; 8
         Les quatre mêmes bijoux d'or 8
20 Scintillent à leurs quatre oreilles. 8
         J'examine autant que je veux, 8
         Grâce aux yeux baissés sur les touches, 8
         La même fleur sur leurs cheveux, 8
         La même fleur sur leurs deux bouches ; 8
25 Et parfois, pour mieux regarder, 8
         Beaucoup plus que pour mieux entendre, 8
         Je me lève et viens m'accouder 8
         Au piano de palissandre. 8
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