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Marceline Desbordes-Valmore
POÉSIES
1830
ROMANCES
LES SERMENTS
         Hélas ! que les vieillards | savent de tristes choses ! 6+6
         Hier, après la fête, | ils riaient des amants ; 6+6
         Ils riaient ! Leurs serments, | disaient-ils, sont des roses, 6+6
         En voilà sous nos pieds | d’aujourd’hui même écloses. 6+6
5 Pourquoi, mon Olivier, | m’as-tu fait des serments ? 6+6
         J’ai couru vers mes fleurs | avec un trouble extrême ; 6+6
         Je n’en veux plus cueillir, | même pour me parer : 6+6
         Mais si de tes amours | leur durée est l’emblème, 6+6
         Tu ne m’aimeras pas | longtemps comme je t’aime. 6+6
10 La dernière s’entr’ouvre | elle m’a fait pleurer. 6+6
         En vain le grand ruisseau | coule au pied du bocage, 6+6
         Il n’a pu les sauver | des mortelles chaleurs. 6+6
         Les roses, les serments | s’envolaient du rivage ; 6+6
         Tout fuyait comme l’onde | tremblait mon image ; 6+6
15 Et tu n’es pas venu | pour essuyer mes pleurs ! 6+6
         Du discours des vieillards | je demeure oppressée. 6+6
         Adieu… Non, je ne veux | t’écouter ni m’asseoir ; 6+6
         Chaque feuille qui tombe | afflige ma pensée. 6+6
         Eh quoi ! comme un parfum | ma joie est donc passée ? 6+6
20 Plus d’espoir… plus de fleurs… | apporte-m’en ce soir ! 6+6
mètre profil métrique : 6+6
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