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Marceline Desbordes-Valmore
POÉSIES
1830
ROMANCES
CHANT D’UN JEUNE ESCLAVE
IMITÉ DE MOORE
         Il est un bosquet sombre où se cache la rose, 6+6 a
         Et le doux rossignol y va souvent gémir ; 6+6 b
         Il est un fleuve pur dont le cristal l’arrose : 6+6 a
         Ce fleuve, on l’a nommé le Calme Bendemir. 6+6 b
5 Dans ma rêveuse enfance, où mon cœur se replonge, 6+6 a
         Lorsque je ressemblais au mobile roseau, 6+6 b
         En glissant sous les fleurs comme au travers d’un songe, 6+6 a
         J’écoutais l’eau fuyante et les chants de l’oiseau. 6+6 b
         Je n’ai pas oublié cette musique tendre, 6+6 a
10 Qui remplissait les airs d’un murmure enchanté ; 6+6 b
         Dans ma chaîne souvent il m’a semblé l’entendre. 6+6 a
         J’ai dit : le rossignol là-bas a-t-il chanté ? 6+6 b
         Penchent-elles encor leurs têtes couronnées, 6+6 a
         Ces belles fleurs, dans l’eau que j’écoutais gémir ? 6+6 b
15 Non, elles étaient fleurs ; le temps les a fanées, 6+6 a
         Et leur chute a troublé le Calme Bendemir. 6+6 b
         Mais lorsqu’elles brillaient dans l’éclat de leurs charmes, 6+6 a
         Avant de s’effeuiller sur l’humide tombeau, 6+6 b
         On puisa dans leur sein ces odorantes larmes, 6+6 a
20 Qui rappellent l’été dont le règne est si beau ! 6+6 b
         Ainsi le souvenir rend à mes rêveries 6+6 a
         Les chants du rossignol que j’écoutais gémir ; 6+6 b
         Et ma chaîne s’étend jusqu’aux rives fleuries 6+6 a
         Où je crois voir couler le Calme Bendemir. 6+6 b
mètre profil métrique : 6+6
forme globale type : suite périodique
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