DES_1/DES194
Marceline Desbordes-Valmore
POÉSIES
1830
POÉSIES INÉDITES ROMANCES
JE L’AI VU
         Ma sœur, il ne faut me blâmer 8 a
         Si ma tristesse est sans colère : 8 b
         Je ne peux me sauver d’aimer, 8 a
         Et celui qui m’aima ne doit plus me déplaire. 6+6 b
5 Laissez d’un retour imprévu, 8 c
         Laissez-moi goûter tous les charmes. 8 d
         Hélas ! j’ai retrouvé des larmes ; 8 d
         Mais je l’ai vu ! 4 c
         Si vous saviez quel doux transport 8 a
10 Se répand dans l’âme agitée, 8 b
         Quand celui qui fit notre sort 8 a
         Ranime, en s’y montrant, une fête attristée ! 6+6 b
         Que je l’aime ! il est revenu. 8 c
         Je ne sens plus sa froide absence : 8 d
15 Lui n’a pas senti ma présence ; 8 d
         Mais je l’ai vu ! 4 c
         Ma sœur, quel plaisir douloureux 8 a
         Le bonheur perdu laisse encore ! 8 b
         Quel charme de revoir heureux 8 a
20 L’objet, l’unique objet qu’on pleure et qu’on adore ! 6+6 b
         Ce sourire si bien connu 8 c
         Nous rappelle tant d’espérance ! 8 d
         Il réveille aussi la souffrance ; 8 d
         Mais je l’ai vu ! 4 c
25 Peut-être est-il quelques beaux jours 8 a
         Cachés dans ma mélancolie ; 8 b
         Peut-être il sait aimer toujours, 8 a
         Et moi, je ne saurai jamais comme on oublie. 6+6 b
         Enfin, si d’un trait plus aigu 8 c
30 L’insensé frappait ma tendresse, 8 d
         Pleurez sur sa faible maîtresse 8 d
         Mais je l’ai vu ! 4 c
mètre profils métriques : 6+6, 8
forme globale type : suite périodique
logo de l'université   logo de l'université  
CRISCO - Université de Caen Normandie