DES_1/DES202
Marceline Desbordes-Valmore
POÉSIES
1830
POÉSIES INÉDITES ROMANCES
L’ÉGLANTINE
         Églantine ! humble fleur, | comme moi solitaire, 6+6
         Ne crains pas que sur toi | j’ose étendre ma main. 6+6
         Sans en être arrachée | orne un moment la terre ; 6+6
         Et comme un doux rayon | console mon chemin. 6+6
5 Quand les tièdes zéphirs | s’endorment sous l’ombrage, 6+6
         Quand le jour fatigué | ferme ses yeux brûlants, 6+6
         Quand l’ombre se répand | et brunit le feuillage, 6+6
         Par ton souffle, vers toi, | guide mes pas tremblants. 6+6
         Mais ton front, humecté | par le froid crépuscule, 6+6
10 Se penche tristement | pour éviter ses pleurs ; 6+6
         Tes parfums sont enclos | dans leur blanche cellule, 6+6
         Et le soir a changé | ta forme et tes couleurs. 6+6
         Rose, console-toi ! | Le jour qui va partre, 6+6
         Rouvrira ton calice | à ses feux ranimé ; 6+6
15 Ta mourante auréole, | il la fera rentre, 6+6
         Et ton front reprendra | son éclat embaumé. 6+6
         Fleur au monde étrangère, | ainsi que toi, dans l’ombre 6+6
         Je me cache et je cède | à l’abandon du jour ; 6+6
         Mais un rayon d’espoir | enchante ma nuit sombre : 6+6
20 Il vient de l’autre rive | et j’attends son retour. 6+6
mètre profil métrique : 6+6
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