DES_4/DES352
Marceline Desbordes-Valmore
POÉSIES INÉDITES
1860
AMOUR
LES CLOCHES ET LES LARMES
         Sur la terre où sonne l’heure, 7
         Tout pleure, ah ! mon Dieu, tout pleure. 7
         L’orgue sous le sombre arceau, 7
         Le pauvre offrant sa neuvaine, 7
5 Le prisonnier dans sa chaîne 7
         Et l’enfant dans son berceau ; 7
         Sur la terre où sonne l’heure. 7
         Tout pleure, ah ! mon Dieu, tout pleure. 7
         La cloche pleure le jour 7
10 Qui va mourir sur l’église, 7
         Et cette pleureuse assise, 7
         Qu’a-t-elle à pleurer ?… L’amour. 7
         Sur la terre où sonne l’heure, 7
         Tout pleure, ah ! mon Dieu, tout pleure. 7
15 Priant les anges cachés 7
         D’assoupir ses nuits funestes 7
         Voyez, aux sphères célestes, 7
         Ses longs regards attachés. 7
         Sur la terre où sonne l’heure, 7
20 Tout pleure, ah ! mon Dieu, tout pleure. 7
         Et le ciel a répondu : 7
         « Terre, ô terre, attendez l’heure ! 7
         J’ai dit à tout ce qui pleure. 7
         Que tout lui sera rendu. » 7
25 Sonnez, cloches ruisselantes ! 7
         Ruisselez, larmes brûlantes ! 7
         Cloches qui pleurez le jour ! 7
         Beaux yeux qui pleurez l’amour ! 7
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