DES_4/DES378
Marceline Desbordes-Valmore
POÉSIES INÉDITES
1860
FAMILLE
LE NID SOLITAIRE
         Va, mon âme, au-dessus de la foule qui passe, 12
         Ainsi qu’un libre oiseau te baigner dans l’espace. 12
         Va voir ! et ne reviens qu’après avoir touché 12
         Le rêve… mon bon rêve à la terre caché. 12
5 Moi, je veux du silence, il y va de ma vie ; 12
         Et je m’enferme où rien, plus rien ne m’a suivie ; 12
         Et de mon nid étroit d’où nul sanglot ne sort, 12
         J’entends courir le siècle à côté de mon sort. 12
         Le siècle qui s’enfuit grondant devant nos portes, 12
10 Entraînant dans son cours comme des algues mortes 12
         Les noms ensanglantés, les vœux, les vains serments. 12
         Les bouquets purs, noués de noms doux et charmants. 12
         Va, mon âme, au-dessus de la foule qui passe, 12
         Ainsi qu’un libre oiseau te baigner dans l’espace. 12
15 Va voir ! et ne reviens qu’après avoir touché 12
         Le rêve… mon beau rêve à la terre caché 12
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