DLR_3/DLR293
Lucie Delarue-Mardrus
HORIZONS
1905
LA MORT
CIMETIÈRE
         Inconcevable mort, j'ai lentement marché 12
         Dans ton jardin et dans ta ville, 8
         Et me suis réjouie à ton odeur subtile 12
         De vieille pierre où pousse un bouquet maraîcher. 12
5 En une symétrie identique et parfaite, 12
         Des gens se reposaient en toi ; 8
         Une croix de granit leur sortait de la tête, 12
         Et des fleurs sentaient bon le long de leur corps froid. 12
         Comment me souvenir des soirs où ton mystère 12
10 Creusait mon cerveau fatigué, 8
         Quand ainsi se berçaient tes emblèmes de verre 12
         Sur ton rectangle étroit de marbre ou de buis gai ? 12
         Je voulais rappeler tout bas tes heures hautes 12
         De détresse et d'abstraction, 8
15 Et ma paume cherchait ta forme sur mes côtes, 12
         Mais j'y sentais mon cœur battre sa passion, 12
         Et les tombeaux montraient ma future paresse 12
         Éternelle, et me donnaient tort ; 8
         Mais mon cœur dans ma paume éclatait de jeunesse 12
20 Et j'étais malgré tout plus forte que la mort. 12
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