DLR_3/DLR302
Lucie Delarue-Mardrus
HORIZONS
1905
LE SILENCE
         Loin de l'espace évalué, du temps qui fuit, 12
         Dans un songe d'orgueil et de noire opulence, 12
         J'ai supporté sur moi le fardeau dans la nuit 12
         Des cathédrales du silence. 8
5 — Ils croyaient simplement que lu n'es pas le bruit, 12
         Mais tu es par toi-même, et plus que toutes choses, 12
         Seule immobilité, Silence ! qui t'opposes 12
         A l'Univers captif d'un éternel circuit. 12
         Dans le Visible et l'Invisible est ton empire ; 12
10 Tu es et tu seras l'énigme jusqu'au bout, 12
         Tout ce qu'on ne pourra jamais savoir ni dire, 12
         Le début et la fin de tout, 8
         Tu es l'Éternité !… Je tremble et m'épouvante, 12
         Toute seule, par cette nuit, de l'habiter 12
15 Comme mie Jéricho géniale et géante 12
         Dont un seul cri ferait crouler l'immensité, 12
         O Silence en qui rien ne jouit ni ne souffre, 12
         Où la vie et la mort s'effacent à la fois, 12
         Toi qui sembles monté des insondables gouffres 12
20 De mon âme nocturne où se tait toute voix ! 12
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