DLR_3/DLR310
Lucie Delarue-Mardrus
HORIZONS
1905
PHANTASMES
LEUKYONÈ
A G. Ch. Toussaint.
         Dans mes fauves cheveux, morte très ancienne 11
         D'Antinoë, crispée en mon embaumement, 12
         Puisque je garde sur une face chrétienne 12
         L'or funéral et le baiser de mon amant, 12
5 De quel droit avez-vous commis le sacrilège ? 12
         Gomment puis-je sentir que plus rien ne protège, 12
         Malgré l'éternité profonde où je dors, 11
         Mon visage effroyable aux paupières d'or, 11
         Mes délicats petits pieds morts, 8
10 Et mes pures, mes si merveilleuses deux mains 12
         Avec leurs ongles roux encor teints ? 9
         Vous avez cru le verre étroit qui me dérobe 12
         Aux violations des doigts très curieux 12
         Chaste assez, pour pouvoir convier les yeux 11
15 A fouiller du regard mon corps sec sous ma robe, 12
         Deviner son repli le plus mystérieux, 12
         Mais que ferez-vous si mon jour arrive ? 10
         Si, secouant ses os, cheveux, loques, — debout 12
         Contre la vitre avec sa bouche sans gencives, 12
20 Leukyonè, fantôme en fureur tout à coup, 11
         Vous jette en dialecte akhaien l'invective ? 12
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