DLR_3/DLR330
Lucie Delarue-Mardrus
HORIZONS
1905
DE MOI-MÊME
LA VAILLANCE
         La vie est triste ; l'espoir meugle 8
         Comme un bœuf condamné qui marche à l'abattoir 12
         — Crains, autant que l'horreur de devenir aveugle, 12
         La possible contagion d'un autre espoir. 12
5 Ne t'arrête jamais sur la route de vivre 12
         Avec un regard derrière toi 9
         Mesurant le chemin que tu viens de suivre 11
         Entre l'aujourd'hui mûr et le vert autrefois. 12
         Fuis les orgues, les cors dans le lointain, les cloches 12
10 N'écoute pas. Ne sache pas. Ne veuille pas. 12
         Toute l'enfance est encore là-bas, 10
         Elle te reprendra ton cœur si tu t'approches. 12
         Marche sur l'avenir toujours plus durement, 12
         De peur de perdre l'habitude acquise à peine 12
15 De vivre pour la vie, en comptant seulement 12
         Mourir le plus tard possible à la peine. 10
         Va ! chante, danse, crie, en marchant, ta gaieté 12
         De ne plus rien attendre et de ne plus rien croire ; 12
         Cela seul est, au bout de toute obscurité, 12
20 La lézarde de jour qui fend l'impasse noire. 12
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