DUC_2/DUC37
Alexandre Ducros
Les Caresses d'Antan
1986
Bertha
         Nous descendîmes au jardin. 8
         Déjà s'éveillait la fauvette, 8
         Saluant les feux du matin. 8
         Nous descendîmes au jardin. 8
5 Et nous nous tenions par la main 8
         Pour écouter sa chansonnette… 8
         Nous descendîmes au jardin, 8
         Déjà s'éveillait la fauvette. 8
         Tout se taisait autour de nous. 8
10 Nous étions seuls dans les allées, 8
         Loin des regards, loin des jaloux. 8
         Tout se taisait autour de nous ! 8
         Hors la fauvette aux chants si doux, 8
         Qui jetait ses notes perlées, 8
15 Tout se taisait autour de nous… 8
         Nous étions seuls dans les allées ! 8
         Nous écoutions son gai concert, 8
         Sa voix était suave et douce ! 8
         Émus, dans le sentier couvert, 8
20 Nous écoutions son gai concert ! 8
         Et le jardin était désert, 8
         Le bruit expirait sur la mousse… 8
         Nous écoutions son gai concert ; 8
         Sa voix était suave et douce ! 8
25 Sa mélodieuse chanson, 8
         D'un doux émoi pénétrait l'âme ! 8
         Nos cœurs battaient à l'unisson ! 8
         Sa mélodieuse chanson 8
         Fît en nous passer un frisson, 8
30 Et ce frisson était dé flamme !… 8
         Sa mélodieuse chanson 8
         D'un doux émoi pénétrait l'âme ! 8
         Je pleurais sans savoir pourquoi… 8
         Qu'elles étaient douces, mes larmes ! 8
35 Et Bertha pleurait comme moi ; 8
         Je pleurais… sans savoir pourquoi ! 8
         La fauvette chantait, ma foi ! 8
         Nous n'éprouvions nulles alarmes… 8
         Mais Bertha pleurait comme moi ! 8
40 Qu'elles étaient douces, nos larmes ! 8
         Sans le vouloir — dans le chemin — 8
         Pourtant mon trouble était extrême, 8
         De Bertha je saisis la main, 8
         Sans le vouloir… dans le chemin ! 8
45 Et tombant à genoux soudain, 8
         Ma lèvre murmura : « Je t'aime ! » 8
         Sans le vouloir… dans le chemin ! 8
         Pourtant mon trouble était extrême ! 8
         Elle rougit, l'oiseau chanta… 8
50 Je tremblais comme la feuillée… 8
         Et tout bas j'implorais Bertha ; 8
         Elle rougit, l'oiseau chanta ! 8
         C'est elle pourtant qu'écouta 8
         Mon âme presque désolée !… 8
55 Elle rougit, l'oiseau chanta… 8
         Je tremblais comme la feuillée ! 8
         — « M'aimes-tu ? lui dis-je tout bas. 8
         M'aimes-tu ? — l'oiseau fit silence. 8
         Elle ne me répondit pas ! 8
60 — M'aimes-tu ? » lui dis-je tout bas. 8
         J'attendais mon arrêt, hélas ! 8
         Mais ainsi qu'un chant d'espérance : 8
         — « Je t'aime I » dit-elle tout bas, 8
         Puis il se fit un grand silence ! 8
65 La fauvette ne chantait plus, 8
         Mais Bertha rougissait encore ! 8
         Au dernier son de l'Angélus, 8
         La fauvette ne chantait plus. 8
         J'avais l'ivresse des élus, 8
70 Et mon cœur s'emplissait d'aurore ! 8
         La fauvette ne chantait plus… 8
         Mais Bertha rougissait encore ! 8
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