DUC_3/DUC106
Alexandre Ducros
Les Étrivières
1867-1885
Troisième partie
(1871-1885)
La Reddition de Paris
         Ainsi donc c'en est fait et l'œuvre est accomplie ! 12
         Paris a dû courber le front ! 8
         Dites-moi, citoyens, est-elle assez remplie, 12
         La coupe amère de l'affront ? 8
5 Paris, ta gloire est morte et ta force est brisée ! 12
         Toi qu'enviaient les nations, 8
         Te voilà maintenant devenu leur risée, 12
         O soleil veuf de tes rayons ! 8
         Le monde s'éclairait à ta vive lumière ; 12
10 Dans ta magnifique grandeur, 8
         Les peuples t'exaltaient ; et voilà qu'en poussière, 12
         Tombe ta robe de splendeur ! 8
         O Paris ! ô berceau, foyer et sanctuaire 12
         Du Progrès poursuivant le Beau ! 8
15 Du saint voile du temple on a fait un suaire, 12
         Et de son autel, un tombeau ! 8
         O deuil ! ô sombre deuil ! — Je sanglote, je pleure ! 12
         Quels étaient donc tes assaillants ? 8
         Pour combattre, ô Paris, jusqu'à la dernière heure, 12
20 N'avais-tu donc plus de vaillants ?… 8
         Ils étaient là, debouts, résolus et stoïques ! 12
         Et les femmes et les enfants 8
         Criaient : — « Plutôt mourir ! » — Tous furent héroïques ; 12
         Ils pouvaient être triomphants ! 8
25 Ils avaient fait un pacte ; ils avaient dit : — « Qu'importe 12
         Et la famine et le danger ? 8
         Si Paris est debout, la France n'est pas morte ! 12
         Aux armes ! chassons l'étranger ! » 8
         Qui donc paralysa leur généreuse audace ? 12
30 Qui donc fit de leurs mains 6
         Tomber l'arme sacrée, étouffa la menace, 12
         Et livra Paris aux Germains ?… » 8
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