DUC_3/DUC94
Alexandre Ducros
Les Étrivières
1867-1885
Deuxième Partie
(1870-1871)
Lamentations
UNE MÈRE
         Moi je n'avais qu'un fils, il me dit : — « O ma mère, 12
         La France appelle ! j'obéis ! » 8
         L'homme du Deux-Décembre était à la frontière, 12
         A la France il vola mon fils ! (1) 8
UNE VEUVE
5 L'hymen m'avait unie à l'amant que je pleure ; 12
         Il suivit les tambours battants… 8
         Mon fils est orphelin et sombre est ma demeure, 12
         Et me voilà veuve à vingt ans ! 8
UN PETIT ENFANT
         Mon Dieu, ma mère est morte, et l'on dit qu'à la guerre, 12
10 Mon père, hier, a combattu… 8
         Je suis seul et j'ai faim !… J'attends toujours mon père, 12
         Mon père n'est pas revenu ! 8
LES VIEILLARDS
         Nous avions à nos fils enseigné la vaillance, 12
         Et leurs cœurs étaient forts et grands !.. 8
15 Ils auraient triomphé ! — Ta lâche défaillance, 12
         César, a décimé leurs rangs ! 8
TOUTES LES VOIX
         Qu'il soit honni, chassé, l'indigne capitaine, 12
         Couvert du sang de nos héros ! 8
         Qu'il s'en aille chargé du poids de notre haine, 12
20 Il déshonore nos drapeaux ! 8
(On entend, sur la Place publique, une marche guerrière ; ce sont des Francs-Tireurs et des Volontaires qui vont rejoindre l'armée).
CEUX QUI VONT COMBATTRE
         O France ! pour combattre à côté de nos frères, 12
         Pour punir et chasser le Germain détesté, 12
         Nous armons tous nos bras ; — En avant ! aux frontières ! 12
         En avant ! Pour la France et pour la liberté, 12
25 Que ces clameurs de deuil, que ces plaintes finissent, 12
         La France attellera la victoire à son char… 12
         Aux armes, citoyens ! Et toi, BanditCésar, 12
         Ceux qui vont mourir te maudissent ! 8
(1) Nos soldats voulaient mourir pour la France, mais Napoléon III
les réservait pour les casemates prussiennes.
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