DUC_3/DUC96
Alexandre Ducros
Les Étrivières
1867-1885
Deuxième Partie
(1870-1871)
Quinze Août
Fête de l'Empereur
         Paris est-il désert ? La ville est-elle morte ? 12
         Amis, quel silence partout ! 8
         Naguère, une clameur s'élevant grande et forte, 12
         A pareil jour criait ; — « Quinze Août ! « 8
5 Partout flottaient au vent banderolle, oriflamme ; 12
         Cloches, canons ; bronzes émus, 8
         De la grande esplanade aux tours de Notre-Dame, 12
         Hurlaient : Te Deum Laudamus ! 8
         De tout côté montaient les chants et les prières, 12
10 De par l'avis officiel. 8
         Le soir, les monuments s'habillaient de lumières ; 12
         Ruggieri faisait honte au ciel, (1) 8
         On fêtait l'Empereur. — Aujourd'hui quel contraste ! 12
         La ville est calme, pas un cri. 8
15 Aux jours d'enivrement succède un jour néfaste ; 12
         Le ciel fait honte à Ruggieri ! 8
         Rentrez à l'arsenal vos chandelles romaines, 12
         Et vos bombes et vos pétards, 8
         Les millions de feux des étoiles sereines, 12
20 Plaisent bien mieux à nos regards. 8
         Les canons se sont tus, les cloches sont muettes ; 12
         Pas de chamades, de rappel, 8
         Pas d'habits chamarrés, de pompons et d'aigrettes, 12
         Sous les balcons, au Carrousel. 8
25 On a clos les volets, chose prudente et sage, 12
         Et, sur la porte du château, 8
         Gavroche peut, chantant : — « L'Empire déménage. » 12
         Aller poser un écriteau ! 8
(1) Ruggieri, artificier des fêtes impériales.
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