GUE_1/GUE26
Charles Guérin
Le Cœur Solitaire
1895
IV
MÉLANCOLIES A VIOLLIS
XXVI
         Souvent, le front posé sur tes genoux, je pleure, 12
         Plus faible que ton coeur amoureux, faible femme, 12
         Et ma main qui frémit en recevant tes larmes 12
         Se dérobe aux baisers de feu dont tu l'effleures. 12
5 « Mais, dis-tu, cher petit enfant, tu m'inquiètes ; 12
         J'ai peur obscurément de cette peine étrange : 12
         Quel incurable rêve ignoré des amantes 12
         L'infini met-il donc au coeur de ces poètes ? » 12
         Il ne faut plus parler, ma bien-aimée. Ah ! Laisse… 12
10 La douceur de tes doigts à mes tempes me blesse. 12
         Sache qu'il est ainsi d'immenses nuits d'étoiles 12
         Où j'implore, malgré mon coeur, que tu t'éloignes, 12
         Où ta voix, tes serments, ta bouche et ta chair nue 12
         Ne font qu'approfondir ma détresse inconnue. 12
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