HUG_23/HUG1028
Victor Hugo
LES QUATRE VENTS DE L'ESPRIT
1881
III
LE LIVRE LYRIQUE
— LA DESTINÉE —
VI
PRÈS D'AVRANCHES
         La nuit morne tombaitsur la morne étendue. 6+6
         Le vent du soir soufflait,et, d’une aile éperdue, 6+6
         Faisait fuir, à traversles écueils de granit, 6+6
         Quelques voiles au port,quelques oiseaux au nid. 6+6
5 Triste jusqu’à la mort,je contemplais le monde. 6+6
         Oh ! Que la mer est vasteet que l’âme est profonde ! 6+6
         Saint-Michel surgissait,seul sur les flots amers, 6+6
         Chéops de l’occident,pyramide des mers. 6+6
         Je songeais à Égypteaux plis infranchissables, 6+6
10 À la grande isoléeéternelle des sables, 6+6
         Noire tente des rois,ce tas d’ombres qui dort 6+6
         Dans le camp immobileet sombre de la mort. 6+6
         Hélas ! Dans ces déserts,qu’emplit d’un souffle immense 6+6
         Dieu, seul dans sa colèreet seul dans sa clémence, 6+6
15 Ce que l’homme a dressédebout sur l’horizon, 6+6
         Là-bas, c’est le sépulcre,ici, c’est la prison. 6+6
mètre profil métrique : 6+6
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