HUG_23/HUG1052
Victor Hugo
LES QUATRE VENTS DE L'ESPRIT
1881
III
LE LIVRE LYRIQUE
— LA DESTINÉE —
XXIX
         L’absolu, l’éternel. Rien après, rien avant. 12
         Hors de cet horizon l’esprit n’est pas vivant. 12
         S’il n’a point l’abîme, il réclame. 8
         Tout vouloir, tout savoir, tout sonder tour à tour, 12
5 C’est la seule façon de composer un jour 12
         Qui suffise au regard de l’âme. 8
         L’âme veut pour plafond la vaste liberté, 12
         Et ne peut demeurer que dans l’illimité. 12
         Ni cloisons, ni rideaux, ni toiles. 8
10 Seuls la nuit, sous le ciel calme et silencieux, 12
         Les sphynx n’ont, pour emplir de lumière leurs yeux, 12
         Pas trop de toutes les étoiles. 8
         L’immensité, c’est là le seul asile sûr. 12
         Je crois être banni, si je n’ai tout l’azur. 12
15 Tout l’espace, c’est là que j’entre. 8
         Je veux tout le ciel bleu, je veux tout le ciel noir ; 12
         L’infini par moments me semble à peine avoir 12
         La dimension de mon antre. 8
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