HUG_23/HUG1055
Victor Hugo
LES QUATRE VENTS DE L'ESPRIT
1881
III
LE LIVRE LYRIQUE
— LA DESTINÉE —
XXXII
TOURMENTE
         Oh ! Comme tout devient terrible sur la mer ! 12
         Ces noirs chanteurs chantant sans cesse le même air, 12
         Les flots, dressent leur blanche crête ; 8
         Et la nuée accourt, soufflant sur l’eau qui fuit 12
5 Toute l’horreur du gouffre et tout ce que la nuit 12
         Contient de haine et de tempête ; 8
         Et voici l’ouragan qui monte en mugissant 12
         Avec un grincement de chaîne, et qui descend, 12
         Et qui remonte dans la brume, 8
10 Et moi, plus frissonnant que l’air dans mon manteau, 12
         Je dis : ― Seigneur ! Seigneur ! Qu’est-ce que le marteau 12
         Fait à cette heure sur l’enclume ? 8
         Dieu ! Quels événements d’airain, quels rois de fer, 12
         Quels colosses armés des glaives de l’enfer, 12
15 Quels géants à l’horrible forme, 8
         Vont sortir de votre ombre, et qu’allons-nous donc voir ? ― 12
         Ainsi je rêve au bruit que fait sous le ciel noir 12
         Le soufflet de la forge énorme. 8
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