HUG_31/HUG2111
Victor Hugo
OCÉAN VERS (complément)
1902
Le Manuscrit 24 789
1870-1884
F° 147
92/283.1878 ?
A une médisante (à Dieppe)
         Être prude et médire ! Eh bien, je vous en veux 12
         À vous, femme charmante et fraîche, aux blonds cheveux. 12
         Mal parler du prochain, vraiment, cela, madame, 12
         Gâte une bouche rose et tache une belle âme. 12
5 Haïr sous le ciel pur, haïr dans les prés verts ! 12
         Non, il vaut mieux aimer, même un peu de travers. 12
         voyez cette mer bleue avec ses larges lames ; 12
         Écoutez le doux rire. innocent de ces femmes 12
         Qui traînent des filets et qui mêlent leurs jeux, 12
10 Leurs chants et leurs pieds nus aux grands flots orageux ; 12
         Le travail assainit les âmes apaisées 12
         Par les astres, les vents, les fleurs et les rosées ; 12
         Elles, ne sauraient pas dire les mots méchants, 12
         Car ces filles des mers sont les filles des champs ; 12
15 Elles n'ont pas de. fiel, elles n'ont pas d'envie. 12
         Si par trop de vertu vous attristez la vie 12
         Désapprouvant toujours ce que les autres font, 12
         Moi le contemplateur de l'océan profond 12
         Je me fâche, et. je sens, mon blâme qui se dresse. 12
20 Soyez plutôt pêcheuse ; et même pécheresse. 12
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