HUG_7/HUG641
Victor Hugo
Les Chansons des rues et des bois
1865
LIVRE PREMIER
JEUNESSE
V
SILHOUETTES DU TEMPS JADIS
VI
C'EST PARCE QU'ELLE SE TAISAIT
         Son silence fut mon vainqueur ; 8
         C'est ce qui m'a fait épris d'elle. 8
         D'abord je n'avais dans le cœur 8
         Rien qu'un obscur battement d'aile. 8
5 Nous allions en voiture au bois, 8
         Seuls tous les soirs, et loin du monde ; 8
         Je lui parlais, et d'autres voix 8
         Chantaient dans la forêt profonde. 8
         Son œil était mystérieux. 8
10 Il contient, cet œil de colombe, 8
         Le même infini que les cieux, 8
         La même aurore que la tombe. 8
         Elle ne disait rien du tout, 8
         Pensive au fond de la calèche. 8
15 Un jour je sentis tout à coup 8
         Trembler dans mon âme une flèche. 8
         L'Amour, c'est le je ne sais quoi. 8
         Une femme habile à se taire 8
         Est la caverne où se tient coi 8
20 Ce méchant petit sagittaire. 8
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