HUG_7/HUG647
Victor Hugo
Les Chansons des rues et des bois
1865
LIVRE PREMIER
JEUNESSE
V
SILHOUETTES DU TEMPS JADIS
XII
À PROPOS DE DOÑA ROSA
À MÉRANTE
         Au printemps, quand les nuits sont claires, 8
         Quand on voit, vagues tourbillons, 8
         Voler sur les fronts les chimères 8
         Et dans les fleurs les papillons, 8
5 Pendant la floraison des fèves, 8
         Quand l'amant devient l'amoureux, 8
         Quand les hommes, en proie aux rêves, 8
         Ont toutes ces mouches sur eux, 8
         J'estime qu'il est digne et sage 8
10 De ne point prendre un air vainqueur, 8
         Et d'accepter ce doux passage 8
         De la saison sur notre cœur. 8
         À quoi bon résister aux femmes, 8
         Qui ne résistent pas du tout ? 8
15 Toutes les roses sont en flammes ; 8
         Une guimpe est de mauvais goût. 8
         Trop heureux ceux à qui les belles 8
         Font la violence d'aimer ! 8
         À quoi sert-il d'avoir des ailes, 8
20 Sinon pour les laisser plumer ? 8
         Ô Mérante, il n'est tien qui vaille 8
         Ces purs attraits, tendres tyrans, 8
         Un sourire qui dit : Bataille ! 8
         Un soupir qui dit : Je me rends ! 8
25 Et je donnerais la Castille 8
         Et ses plaines en amadou 8
         Pour deux yeux sous une mantille, 8
         Fiers, et venant on ne sait d'où. 8
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