HUG_7/HUG653
Victor Hugo
Les Chansons des rues et des bois
1865
LIVRE PREMIER
JEUNESSE
V
SILHOUETTES DU TEMPS JADIS
XVIII
DÉNONCIATION DE L'ESPRIT DES BOIS
         J'ai vu ton ami, j'ai vu ton amie ; 10
         Mérante et Rosa ; vous n'étiez point trois. 10
         Fils, ils ont produit une épidémie 10
         De baisers parmi les nids de mon bois. 10
5 Ils étaient contents, le diable m'emporte ! 10
         Tu n'étais point là. Je les regardais. 10
         Jadis on trompait Jupin de la sorte ; 10
         Car parfois un dieu peut être un dadais. 10
         Moi je suis très laid, j'ai l'épaule haute, 10
10 Mais, bah ! Quand je peux, je ris de bon cœur. 10
         Chacun a sa part ; on plane, je saute ; 10
         Vous êtes les beaux, je suis le moqueur. 10
         Quand le ciel charmant se mire à la source, 10
         Quand les autres ont l'âme et le baiser, 10
15 Faire la grimace est une ressource. 10
         N'étant pas heureux, il faut s'amuser. 10
         Je dois t'avertir qu'un bois souvent couvre 10
         Des détails, piquant pour Brantôme et Grimm, 10
         Que les yeux sont faits pour qu'on les entrouvre, 10
20 Fils, et qu'une absence est un intérim. 10
         Un cœur parfois trompe et se désabonne. 10
         Qui veille a raison. Dieu, ce grand Bréguet, 10
         Fit la confiance, et, la trouvant bonne, 10
         L'améliora par un peu de guet. 10
25 Tu serais marmotte ou l'un des Quarante 10
         Que tu ne pourrais dormir mieux que ça 10
         Pendant que Rosa sourit à Mérante, 10
         Pendant que Mérante embrasse Rosa. 10
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