HUG_7/HUG661
Victor Hugo
Les Chansons des rues et des bois
1865
LIVRE SECOND
II
OISEAUX ET ENFANTS
II
UNE ALCÔVE AU SOLEIL LEVANT
         L'humble chambre a l'air de sourire ; 8
         Un bouquet orne un vieux bahut ; 8
         Cet intérieur ferait dire 8
         Aux prêtres : Paix ! aux femmes : Chut ! 8
5 Au fond une alcôve se creuse. 8
         Personne. On n'entre ni ne sort. 8
         Surveillance mystérieuse ! 8
         L'aube regarde : un enfant dort. 8
         Une petite en ce coin sombre 8
10 Était là dans un berceau blanc, 8
         Ayant je ne sais quoi dans l'ombre 8
         De confiant et de tremblant. 8
         Elle étreignait dans sa main calme 8
         Un grelot d'argent qui penchait ; 8
15 L'innocence au ciel tient la palme 8
         Et sur la terre le hochet. 8
         Comme elle sommeille ! Elle ignore 8
         Le bien, le mal, le cœur, les sens, 8
         Son rêve est un sentier d'aurore 8
20 Dont les anges sont les passants. 8
         Son bras, par instants, sans secousse, 8
         Se déplace, charmant et pur ; 8
         Sa respiration est douce 8
         Comme une mouche dans l'azur. 8
25 Le regard de l'aube la couvre ; 8
         Rien n'est auguste et triomphant 8
         Comme cet œil de Dieu qui s'ouvre 8
         Sur les yeux fermés de l'enfant. 8
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