HUG_7/HUG671
Victor Hugo
Les Chansons des rues et des bois
1865
LIVRE SECOND
III
LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ
VIII
LA MÉRIDIENNE DU LION
         Le lion dort, seul sous sa voûte. 8 a
         Il dort de ce puissant sommeil 8 b
         De la sieste, auquel s'ajoute, 8 a
         Comme un poids sombre, le soleil. 8 b
5 Les déserts, qui de loin écoutent, 8 a
         Respirent ; le maître est rentré. 8 b
         Car les solitudes redoutent 8 a
         Ce promeneur démesuré. 8 b
         Son souffle soulève son ventre ; 8 a
10 Son œil de brume est submergé, 8 b
         Il dort sur le pavé de l'antre, 8 a
         Formidablement allongé. 8 b
         La paix est sur son grand visage, 8 a
         Et l'oubli même, car il dort. 8 b
15 Il a l'altier sourcil du sage 8 a
         Et l'ongle tranquille du fort. 8 b
         Midi sèche l'eau des citernes ; 8 a
         Rien du sommeil ne le distrait ; 8 b
         Sa gueule ressemble aux cavernes, 8 a
20 Et sa crinière à la forêt. 8 b
         Il entrevoit des monts difformes, 8 a
         Des Ossas et des Pélions, 8 b
         À travers les songes énormes 8 a
         Que peuvent faire les lions. 8 b
25 Tout se tait sur la roche plate 8 a
         Où ses pas tout à l'heure erraient. 8 b
         S'il remuait sa grosse patte, 8 a
         Que de mouches s'envoleraient ! 8 b
mètre profil métrique : 8
forme globale type : suite périodique
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