LAF_2/LAF79
Jules Laforgue
Les Complaintes
1885
COMPLAINTE
SUR CERTAINS TEMPS DÉPLACÉS
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         Le couchant de sang est taché 8
         Comme un tablier de boucher ; 8
         Oh ! Qui veut aussi m'écorcher ! 8
         ‒ Maintenant c'est comme une rade ! 8
5 Ça vous fait le cœur tout nomade, 8
         À cingler vers mille Lusiades ! 9
         Passez, ô nuptials appels, 7
         Vers les comptoirs, les Archipels 8
         Où l'on mastique le bétel ! 8
10 Je n'aurai jamais d'aventures ; 8
         Qu'il est petit, dans la Nature, 8
         Le chemin d'fer Paris-Ceinture ! 8
         V'la l'fontainier ! Il siffle l'air 8
         (connu) du bon roi Dagobert ; 8
15 Oh ! Ces matins d'avril en mer ! 8
         ‒ Le vent galope ventre à terre, 8
         En vain voudrait-on le fair'taire ! 8
         Ah ! Nom de Dieu ! Quelle misère ! 8
         ‒ Le Soleil est mirobolant 8
20 Comme un poitrail de chambellan, 8
         J'en demeure les bras ballants ; 8
         Mais jugez si ça m'importune, 8
         Je rêvais en plein de lagunes 8
         De Venise au clair de la lune ! 8
25 ‒ Vrai ! La vie est pour les badauds. 8
         Quand on a du dieu sous la peau, 8
         On cuve ça sans dire mot. 8
         L'obélisque quadrangulaire, 8
         De mon spleen monte ; j'y digère, 8
30 En stylite, ce gros Mystère. 8
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