LOU_1/LOU40
Pierre Louÿs
ŒUVRES COMPLÈTES
TOME XIII
POÉSIES
1888-1920
ASTARTÉ
HEURE MOROSE
À Bernard Lazare.
         La mer matinale brillait au haut du flux ; 12
         Les grands avirons bleus s’allongeaient sur les scalmes, 12
         Et l’infini silence éveillait les yeux calmes 12
         Des femmes, que nul vol rameur ne berçait plus. 12
5 C’était le deuil de l’heure où les couples élus, 12
         De leurs bras étoilés par les roux lycophthalmes, 12
         Vers l’Île, sur la mer, guidaient avec des palmes 12
         L’escorte des dauphins et des tritons joufflus. 12
         C’était la fin des chants alternés, et des rires 12
10 Au tour des bouches, et des doigts charmeurs de lyres. 12
         Les tempes s’appuyaient aux mains, lourdes d’ennui ; 12
         Et dans l’air pâle où du soleil s’élève et tremble 12
         Les amants éperdus d’être partis ensemble 12
         pleuraient entre leurs bras les rêves de la nuit. 12
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