LOU_1/LOU5
Pierre Louÿs
ŒUVRES COMPLÈTES
TOME XIII
POÉSIES
1888-1920
PREMIERS VERS
TRISTESSE
         La brise du matin chantait sur les îlots. 12
         Tout bruissait, à l’heure où tout est près d’éclore. 12
         La nature amoureuse était pleine d’aurore 12
         Et berçait ma tristesse au rythme des grands flots. 12
5 La mer rose semblait, elle aussi, du complot ; 12
         Sa tendresse m’était une souffrance encore, 12
         Et, quand l’Astre surgit de la plaine sonore, 12
         Le soleil de mon cœur sombrait dans un sanglot. 12
         Je pleurais, et la mer exultait, triomphante ; 12
10 Et tous les désespoirs que la douleur enfante 12
         Comme des cris d’oiseaux s’en allaient dans les vents. 12
         Pourquoi tout cet amour, quand l’homme n’est que haine ? 12
         Pourquoi les jeunes flots et les soleils levants 12
         Devant l’éternité de la misère humaine ? 12
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