LOU_1/LOU8
Pierre Louÿs
ŒUVRES COMPLÈTES
TOME XIII
POÉSIES
1888-1920
PREMIERS VERS
LA SOUFFLEUSE D’ÉTOILES
Entends, ma chère, entends la douce
Nuit qui marche.
BAUDELAIRE.
         Une nuit de palmes immobiles 9
         S’élevait de l’invisible terre. 9
         J’étais couché, les yeux perdus… 8
         Je ne voyais l’herbe ni les villes, 9
5 Mais sur le ciel ton profil austère 9
         Et tes mains aux doigts étendus. 8
         La nuit d’améthystes et d’opales 9
         Embrumait lentement les yeux calmes 9
         Aux nuages d’un rêve bleu. 8
10 Des odeurs montaient des lilas pâles, 9
         Et la nuit immobile des palmes 9
         Noyait les hauteurs peu à peu. 8
         Les étoiles se lèvent la nuit 9
         Sur la bouche des femmes aimées, 9
15 Et du bord des lèvres mal fermées 9
         Éclosent des constellations. 9
         C’est un souffle qui passe, 6
         Un souffle de femme, 5
         Glacé, large et lent, silencieux, 9
20 Par l’air libre et pur et par les cieux. 9
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