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Paul Verlaine
POÈMES SATURNIENS
1866
MELANCOLIA
IV
Vœu
         Ah ! les oaristys ! les premières maîtresses ! 12
         L’or des cheveux, l’azur des yeux, la fleur des chairs, 12
         Et puis, parmi l’odeur des corps jeunes et chers, 12
         La spontanéité craintive des caresses ! 12
5 Sont-elles assez loin toutes ces allégresses 12
         Et toutes ces candeurs ! Hélas ! toutes devers 12
         Le Printemps des regrets ont fui les noirs hivers 12
         De mes ennuis, de mes dégoûts, de mes détresses ! 12
         Si que me voilà seul à présent, morne et seul, 12
10 Morne et désespéré, plus glacé qu’un aïeul, 12
         Et tel qu’un orphelin pauvre sans sœur aînée. 12
         Ô la femme à l’amour câlin et réchauffant, 12
         Douce, pensive et brune, et jamais étonnée, 12
         Et qui parfois vous baise au front, comme un enfant ! 12
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