VER_1/VER48
Paul Verlaine
POÈMES SATURNIENS
1866
Un Dahlia
         Courtisane au sein dur, à l’œil opaque et brun 12
         S’ouvrant avec lenteur comme celui d’un bœuf, 12
         Ton grand torse reluit ainsi qu’un marbre neuf. 12
         Fleur grasse et riche, autour de toi ne flotte aucun 12
5 Arome, et la beauté sereine de ton corps 12
         Déroule, mate, ses impeccables accords. 12
         Tu ne sens même pas la chair, ce goût qu’au moins 12
         Exhalent celles-là qui vont fanant les foins, 12
         Et tu trônes, Idole insensible à l’encens. 12
10 — Ainsi le Dahlia, roi vêtu de splendeur, 12
         Élève sans orgueil sa tête sans odeur, 12
         Irritant au milieu des jasmins agaçants ! 12
logo de l'université   logo de l'université  
CRISCO - Université de Caen Normandie