VER_2/VER76
Paul Verlaine
FÊTES GALANTES
1869
L'Amour par terre
         Le vent de l’autre nuit a jeté bas l’Amour 6+6
         Qui, dans le coin le plus mystérieux du parc, 6+6
         Souriait en bandant malignement son arc, 6+6
         Et dont l’aspect nous fit tant songer tout un jour ! 6+6
5 Le vent de l’autre nuit l’a jeté bas ! Le marbre 6+6
         Au souffle du matin tournoie, épars. C’est triste 6+6
         De voir le piédestal, où le nom de l’artiste 6+6
         Se lit péniblement parmi l’ombre d’un arbre. 6+6
         Oh ! c’est triste de voir debout le piédestal 6+6
10 Tout seul ! et des pensers mélancoliques vont 6+6
         Et viennent dans mon rêve où le chagrin profond 6+6
         Évoque un avenir solitaire et fatal. 6+6
         Oh ! c’est triste ! — Et toi-même, est-ce pas ? es touchée 6+6
         D’un si dolent tableau, bien que ton œil frivole 6+6
15 S’amuse au papillon de pourpre et d’or qui vole 6+6
         Au-dessus des débris dont l’allée est jonchée. 6+6
mètre profil métrique : 6+6
logo de l'université   logo de l'université  
CRISCO - Université de Caen Normandie