VER_26/VER384
Paul Verlaine
POÈMES CONTEMPORAINS DE "PARALLÈLEMENT"
1889
EN 17…
         Le parc rit de rayons ramisés, 9
         De baisers, d'éclats de voix de femmes… 9
         L'air sent bon, il est tout feux tout flammes 9
         Et les cœurs, aussi, vont embrasés. 9
5 Une flûte au loin sonne la charge 9
         Des amours altières et frivoles, 9
         Des amours sincères et des folles, 9
         Et de l'Amour multiforme et large. 9
         Décor charmant, peuple aimable et fier ; 9
10 Tout n'est là que jeunesse et que joie, 9
         On perçoit des frôlements de soie, 9
         On entend des croisements de fer. 9
         Maintes guitares bourdonnent, guêpes 9
         Du désir élégant et farouche : 9
15 — « Beau masque, on sait tes yeux et ta bouche. » 9
         Des mots lents flottent comme des crêpes. 9
         Pourtant, c'est trop beau, pour dire franc… 9
         Un pressentiment fait comme une ombre 9
         À ce tableau d'extases sans nombre, 9
20 Et du noir rampe au nuage blanc ! 9
         Ô l'incroyable mélancolie 9
         Tombant soudain sur la noble fête ! 9
         De l'orage ? ô non, c'est la tempête ! 9
         L'ennui, le souci ? — C'est la folie ! 9
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