VER_4/VER125
Paul Verlaine
ROMANCES SANS PAROLES
1870
ARIETTES OUBLIÉES
I
Le vent dans la plaine
Suspend son haleine.
(Favart)
         C’est l’extase langoureuse, 7
         C’est la fatigue amoureuse, 7
         C’est tous les frissons des bois 7
         Parmi l’étreinte des brises, 7
5 C’est, vers les ramures grises, 7
         Le chœur des petites voix. 7
         Ô le frêle et frais murmure ! 7
         Cela gazouille et susurre, 7
         Cela ressemble au cri doux 7
10 Que l’herbe agitée expire… 7
         Tu dirais, sous l’eau qui vire, 7
         Le roulis sourd des cailloux. 7
         Cette âme qui se lamente 7
         En cette plainte dormante, 7
15 C’est la nôtre, n’est-ce pas ? 7
         La mienne, dis, et la tienne, 7
         Dont s’exhale l’humble antienne 7
         Par ce tiède soir, tout bas ? 7
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