VER_4/VER129
Paul Verlaine
ROMANCES SANS PAROLES
1870
ARIETTES OUBLIÉES
V
Son joyeux, importun d’un clavecin sonore.
(Pétrus Borel)
         Le piano que baise une main frêle 10
         Luit dans le soir rose et gris vaguement, 10
         Tandis qu’avec un très léger bruit d’aile 10
         Un air bien vieux, bien faible et bien charmant 10
5 Rôde discret, épeuré quasiment, 10
         Par le boudoir, longtemps parfumé d’Elle. 10
         Qu’est-ce que c’est que ce berceau soudain 10
         Qui lentement dorlote mon pauvre être ? 10
         Que voudrais-tu de moi, doux chant badin ? 10
10 Qu’as-tu voulu, fin refrain incertain 10
         Qui vas tantôt mourir vers la fenêtre 10
         Ouverte un peu sur le petit jardin ? 10
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