VOL_2/VOL41
La Pucelle d'Orléans
1752
CHANT XX
Argument
Comment Jeanne tomba dans une étrange tentation ; tendre témérité de son âne ; belle résistance de la Pucelle.
         L'homme et la femme est chose bien fragile ; 10
         Sur la vertu gardez-vous de compter : 10
         Ce vase est beau, mais il est fait d'argile, 10
         Un rien le casse : on peut le rajuster, 10
5 Mais ce n'est pas entreprise facile. 10
         Garder ce vase avec précaution, 10
         Sans le ternir, croyez-moi, c'est un rêve : 10
         Nul n'y parvient ; témoin le mari d'Ève, 10
         Et le vieux Loth, et l' aveugle Samson, 10
10 David le saint, le sage Salomon, 10
         Et vous surtout, sexe doux, sexe aimable, 10
         Tant du nouveau que du vieux Testament, 10
         Et de l'histoire, et même de la fable. 10
         Sexe dévot, je pardonne aisément 10
15 Vos petits tours et vos petits caprices, 10
         Vos doux refus, vos charmants artifices ; 10
         Mais j'avouerai qu'il est de certains cas, 10
         De certains goûts que je n'excuse pas. 10
         J'ai vu parfois une bamboche, un singe, 10
20 Gros, court, tanné, tout velu sous le linge, 10
         Comme un blondin caressé dans vos bras : 10
         J'en suis fâché pour vos tendres appas. 10
         Un âne ailé vaut cent fois mieux peut-être 10
         Qu'un fat en robe et qu'un lourd petit-maître. 10
25 Sexe adorable, à qui j'ai consacré 10
         Le don des vers dont je fus honoré, 10
         Pour vous instruire il est temps de connaître 10
         L'erreur de Jeanne, et comme un beau grison 10
         Pour un moment égara sa raison : 10
30 Ce n'est pas moi, c'est le sage Trithème, 10
         Ce digne abbé, qui vous parle lui-même. 10
         Le gros damné de père Grisbourdon, 10
         Terrible encor au fond de sa chaudière, 10
         En blasphémant cherchait l'occasion 10
35 De se venger de la Pucelle altière, 10
         Par qui là-haut d'un coup d'estramaçon 10
         Son chef tondu fut privé de son tronc. 10
         Il s'écriait : " O Belzébuth ! mon père, 10
         Ne pourrais-tu dans quelque gros péché 10
40 Faire tomber cette Jeanne sévère ? 10
         J'y crois, pour moi, ton honneur attaché. " 10
         Comme il parlait, arriva plein de rage 10
         Hermaphrodix au ténébreux rivage, 10
         Son eau bénite encor sur le visage. 10
45 Pour se venger, l'amphibie animal 10
         Vint s'adresser à l'auteur de tout mal. 10
         Les voilà donc tous les trois qui conspirent 10
         Contre une femme. Hélas ! le plus souvent, 10
         Pour les séduire il n'en fallut pas tant. 10
50 Depuis longtemps tous les trois ils apprirent 10
         Que Jeanne d'Arc dessous son cotillon 10
         Gardait les clefs de la ville assiégée, 10
         Et que le sort de la France affligée 10
         Ne dépendait que de sa mission. 10
55 L'esprit du diable a de l'invention : 10
         Il courut vite observer sur la terre 10
         Ce que faisaient ses amis d'Angleterre ; 10
         En quel état et de corps et d'esprit 10
         Se trouvait Jeanne après le grand conflit. 10
60 Le roi, Dunois, Agnès alors fidèle, 10
         L'âne, Bonneau, Bonifoux, la Pucelle, 10
         Étaient entrés vers la nuit dans le fort, 10
         En attendant quelque nouveau renfort. 10
         Des assiégés la brèche réparée 10
65 Aux assaillants ne permet plus l'entrée. 10
         Des ennemis la troupe est retirée. 10
         Les citoyens, le roi Charle, et Bedfort, 10
         Chacun chez soi soupe en hâte et s'endort. 10
         Muses, tremblez de l'étrange aventure 10
70 Qu'il faut apprendre à la race future ; 10
         Et vous, lecteur, en qui le ciel a mis 10
         Les sages goûts d'une tendresse pure, 10
         Remerciez et Dunois et Denys, 10
         Qu'un grand péché n'ait pas été commis. 10
75 Il vous souvient que je vous ai promis 10
         De vous conter les galantes merveilles 10
         De ce Pégase aux deux longues oreilles, 10
         Qui combattit, sous Jeanne et sous Dunois, 10
         Les ennemis des filles et des rois. 10
80 Vous l'avez vu sur ses ailes dorées 10
         Porter Dunois aux lombardes contrées : 10
         Il en revint ; mais il revint jaloux. 10
         Vous savez bien qu'en portant la Pucelle, 10
         Au fond du cœur il sentit l'étincelle 10
85 De ce beau feu, plus vif encor que doux, 10
         Âme, ressort, et principe des mondes, 10
         Qui dans les airs, dans les bois, dans les ondes, 10
         Produit les corps et les anime tous. 10
         Ce feu sacré, dont il nous reste encore 10
90 Quelques rayons dans ce monde épuisé, 10
         Fut pris aux ciel pour animer Pandore. 10
         Depuis ce temps le flambeau s'est usé : 10
         Tout est flétri ; la force languissante 10
         De la nature, en nos malheureux jours, 10
95 Ne produit plus que d'imparfaits amours. 10
         S'il est encor une flamme agissante, 10
         Un germe heureux des principes divins, 10
         Ne cherchez pas chez Vénus Uranie, 10
         Ne cherchez pas chez les faibles humains ; 10
100 Adressez-vous aux héros d'Arcadie. 10
         Beaux Céladons, que des objets vainqueurs 10
         Ont enchaînés par des liens de fleurs ; 10
         Tendres amants en cuirasse, en soutane, 10
         Prélats, abbés, colonels, conseillers, 10
105 Gens du bel air, et même cordeliers, 10
         En fait d'amour, défiez-vous d'un âne. 10
         Chez les Latins le fameux âne d'or, 10
         Si renommé par sa métamorphose, 10
         De celui-ci n'approchait pas encor : 10
110 Il n'était qu'homme, et c'est bien peu de chose. 10
         L'abbé Trithème, esprit sage et discret, 10
         Et plus savant que le pédant Larchet, 10
         Modeste auteur de cette noble histoire, 10
         Fut effrayé plus qu'on ne saurait croire, 10
115 Quand il fallut, aux siècles à venir, 10
         De ces excès transmettre la mémoire. 10
         De ses trois doigts il eut peine à tenir 10
         Sur son papier sa plume épouvantée ; 10
         Elle tomba : mais son âme agitée 10
120 Se rassura, faisant réflexion 10
         Sur la malice et le pouvoir du diable. 10
         Du genre humain cet ennemi coupable 10
         Est tentateur de sa profession ; 10
         Il prend les gens en sa possession ; 10
125 De tout péché ce père formidable, 10
         Rival de Dieu, séduisit autrefois 10
         Ma chère mère, un soir au coin d'un bois, 10
         Dans son jardin. Ce serpent hypocrite 10
         Lui fit manger une pomme maudite : 10
130 Même on prétend qu'il fit encore pis. 10
         On la chassa de son beau paradis. 10
         Depuis ce jour Satan dans nos familles 10
         A gouverné nos femmes et nos filles. 10
         Le bon Trithème en avait dans son temps 10
135 Vu de ses yeux des exemples touchants. 10
         Voici comment ce grand homme raconte 10
         Du saint baudet l'insolence et la honte. 10
         La grosse Jeanne, au visage vermeil, 10
         Qu'ont rafraîchi les pavots du sommeil, 10
140 Entre ses draps doucement recueillie, 10
         Se rappelait les destins de sa vie. 10
         De tant d'exploits son jeune cœur flatté 10
         A saint Denys n'en donna pas la gloire ; 10
         Elle conçut un grain de vanité. 10
145 Denys, fâché, comme on peut bien le croire, 10
         Pour la punir, laissa quelques moments 10
         Sa protégée au pouvoir de ses sens. 10
         Denys voulut que sa Jeanne qu'il aime 10
         Connût enfin ce qu'on est par soi-même, 10
150 Et qu'une femme, en toute occasion, 10
         Pour se conduire à besoin d'un patron. 10
         Elle fut prête à devenir la proie 10
         D'un piège affreux que tendit le démon : 10
         On va bien loin sitôt qu'on se fourvoie. 10
155 Le tentateur, qui ne néglige rien, 10
         Prenait son temps ; il le prend toujours bien. 10
         Il est partout : il entra par adresse 10
         Au corps de l'âne, il forma son esprit, 10
         Valeur des sons à sa langue il apprit, 10
160 De sa voix rauque adoucit la rudesse, 10
         Et l'instruisit aux finesses de l'art 10
         Approfondi par Ovide et Bernard. 10
         L'âne éclairé surmonta toute honte ; 10
         De l'écurie adroitement il monte 10
165 Au pied du lit où, dans un doux repos, 10
         Jeanne en son cœur repassait ses travaux ; 10
         Puis doucement s'accroupissant près d'elle, 10
         Il la loua d'effacer les héros, 10
         D'être invincible, et surtout d'être belle. 10
170 Ainsi jadis le serpent séducteur, 10
         Quand il voulut subjuguer notre mère, 10
         Lui fit d'abord un compliment flatteur : 10
         L'art de louer commença l'art de plaire. 10
         " Où suis-je ? ô ciel ! s'écria Jeanne d'Arc : 10
175 Qu'ai-je entendu ? par Saint Luc ! par saint Marc ! 10
         Est-ce mon âne ? ô merveille ! ô prodige ! 10
         Mon âne parle, et même il parle bien ! " 10
         L'âne à genoux, composant son maintien, 10
         Lui dit : " O d'Arc ! ce n'est point un prestige ; 10
180 Voyez en moi l'âne de Canaan : 10
         Je fus nourri chez le vieux Balaam ; 10
         Chez les païens Balaam était prêtre, 10
         Moi j'étais Juif ; et sans moi mon cher maître 10
         Aurait maudit tout ce bon peuple élu, 10
185 Dont un grand mal fût sans doute advenu. 10
         Adonaï récompensa mon zèle ; 10
         Au vieil Énoc bientôt on me donna : 10
         Énoc avait une vie immortelle ; 10
         J'en eus autant ; et le maître ordonna 10
190 Que le ciseau de la Parque cruelle 10
         Respecterait le fil de mes beaux ans. 10
         Je jouis donc d'un éternel printemps. 10
         De notre pré le maître débonnaire 10
         Me permit tout, hors un cas seulement : 10
195 Il m'ordonna de vivre chastement. 10
         C'est pour un âne une terrible affaire. 10
         Jeune et sans frein dans ce charmant séjour, 10
         Maître de tout, j'avais droit de tout faire, 10
         Le jour, la nuit, tout, excepté l'amour. 10
200 J'obéis mieux que ce premier sot homme, 10
         Qui perdit tout pour manger une pomme. 10
         Je fus vainqueur de mon tempérament ; 10
         La chair se tut ; je n'eus point de faiblesses ; 10
         Je vécus vierge : or savez-vous comment ? 10
205 Dans le pays il n'était point d'ânesses. 10
         Je vis couler, content de mon état, 10
         Plus de mille ans dans ce doux célibat. 10
         " Lorsque Bacchus vint du fond de la Grèce 10
         Porter le thyrse, et la gloire, et l'ivresse, 10
210 Dans les pays par le Gange arrosés, 10
         A ce héros je servis de trompette : 10
         Les Indiens par nous civilisés 10
         Chantent encor ma gloire et leur défaite. 10
         Silène et moi nous sommes plus connus 10
215 Que tous les grands qui suivirent Bacchus. 10
         C'est mon nom seul, ma vertu signalée, 10
         Qui fit depuis tout l'honneur d'Apulée. 10
         " Enfin là-haut, dans ces plaines d'azur, 10
         Lorsque saint George, à vos Français si dur, 10
220 Ce fier saint George, aimant toujours la guerre, 10
         Voulut avoir un coursier d'Angleterre ; 10
         Quand saint Martin, fameux par son manteau, 10
         Obtint encore un cheval assez beau ; 10
         Monsieur Denys, qui fait comme eux figure, 10
225 Voulut, comme eux, avoir une monture : 10
         Il me choisit, près de lui m'appela ; 10
         Il me fit don de deux brillantes ailes ; 10
         Je pris mon vol aux voûtes éternelles ; 10
         Du grand saint Roch le chien me festoya ; 10
230 J'eus pour ami le porc de saint Antoine, 10
         Céleste porc, emblème de tout moine ; 10
         D'étrilles d'or mon maître m'étrilla ; 10
         Je fus nourri de nectar, d'ambroisie : 10
         Mais, ô ma Jeanne ! une si belle, vie 10
235 N'approche pas du plaisir que je sens 10
         Au doux aspect de vos charmes puissants. 10
         Le chien, le porc, et George, et Denys même, 10
         Ne valent pas votre beauté suprême. 10
         Croyez surtout que de tous les emplois 10
240 Où m'éleva mon étoile bénigne, 10
         Le plus heureux, le plus selon mon choix, 10
         Et dont je suis peut-être le plus digne, 10
         Est de servir sous vos augustes lois. 10
         Quand j'ai quitté le ciel et l'empyrée, 10
245 J'ai vu par vous ma fortune honorée. 10
         Non, je n'ai pas abandonné les cieux, 10
         J'y suis encor ; le ciel est dans vos yeux. " 10
         A ce discours, peut-être téméraire, 10
         Jeanne sentit une juste colère. 10
250 Aimer un âne, et lui donner sa fleur ! 10
         Souffrirait-elle un pareil déshonneur, 10
         Après avoir sauvé son innocence 10
         Des muletiers et des héros de France, 10
         Après avoir, par la grâce d'en haut, 10
255 Dans le combat mis Chandos en défaut ? 10
         Mais que cet âne, ô ciel ! a de mérite ! 10
         Ne vaut-il pas la chèvre favorite 10
         D'un Calabrois, qui la pare de fleurs ? 10
         " Non, disait-elle, écartons ces horreurs. 10
260 Tous ces pensers formaient une tempête 10
         Au cœur de Jeanne, et confondaient sa tête, 10
         Ainsi qu'on voit sur les profondes mers 10
         Les fiers tyrans des ondes et des airs, 10
         L'un accourant des cavernes australes, 10
265 L'autre sifflant des glaces boréales, 10
         Battre un vaisseau cinglant sur l'Océan 10
         Vers Sumatra, Bengale, ou Ceïlan : 10
         Tantôt la nef aux cieux semble portée, 10
         Près des rochers tantôt elle est jetée, 10
270 Tantôt l'abîme est prêt à l'engloutir, 10
         Et des enfers elle paraît sortir. 10
         L'enfant malin qui tient sous son empire 10
         Le genre humain, les ânes, et les dieux, 10
         Son arc en main, planait au haut des cieux, 10
275 Et voyait Jeanne avec un doux sourire. 10
         De Jeanne d'Arc le grand cœur en secret 10
         Était flatté de l'étonnant effet 10
         Que produisait sa beauté singulière 10
         Sur le sens lourd d'une âme si grossière. 10
280 Vers son amant elle avança la main, 10
         Sans y songer ; puis la tira soudain. 10
         Elle rougit, s'effraye, et se condamne ; 10
         Puis se rassure, et puis lui dit : " Bel âne, 10
         Vous concevez un chimérique espoir ; 10
285 Respectez plus ma gloire et mon devoir ; 10
         Trop de distance est entre nos espèces ; 10
         Non, je ne puis approuver vos tendresses ; 10
         Gardez-vous bien de me pousser à bout. " 10
         L'âne reprit : " L'amour égale tout. 10
290 Songez au cygne à qui Léda fit fête, 10
         Sans cesser d'être une personne honnête. 10
         Connaissez-vous la fille de Minos, 10
         Pour un taureau négligeant des héros, 10
         Et soupirant pour son beau quadrupède ? 10
295 Sachez qu'un aigle enleva Ganymède, 10
         Et que Philyre avait favorisé 10
         Le dieu des mers en cheval déguisé. " 10
         Il poursuivait son discours ; et le diable, 10
         Premier auteur des écrits de la fable, 10
300 Lui fournissait ces exemples frappants, 10
         Et mettait l'âne au rang de nos savants. 10
         Tandis qu'il parle avec tant d'élégance, 10
         Le grand Dunois, qui près de là couchait, 10
         Prêtait l'oreille, était tout stupéfait 10
305 Des traits hardis d'une telle éloquence. 10
         Il voulut voir le héros qui parlait, 10
         Et quel rival l'Amour lui suscitait. 10
         Il entre, il voit (ô prodige ! ô merveille !) 10
         Le possédé porteur de longue oreille, 10
310 Et ne crut pas encor ce qu'il voyait. 10
         Jadis Vénus fut ainsi confondue, 10
         Lorsqu'en un rets formé de fils d'airain, 10
         Aux yeux des dieux le malheureux Vulcain 10
         Sous le dieu Mars la montra toute nue. 10
315 Jeanne, après tout, n'a point été vaincue ; 10
         Le bon Denys ne l'abandonnait pas ; 10
         Près de l'abîme il affermit ses pas ; 10
         Il la soutint dans ce péril extrême. 10
         Jeanne s'indigne et rentre en elle-même : 10
320 Comme un soldat dans son poste endormi, 10
         Qui se réveille aux premières alarmes, 10
         Frotte ses yeux, saute en pied, prend les armes, 10
         S'habille en hâte, et fond sur l'ennemi. 10
         De Débora la lance redoutable 10
325 Était chez Jeanne auprès de son chevet, 10
         Et de malheur souvent la préservait. 10
         Elle la prend ; la puissance du diable 10
         Ne tint jamais contre ce fer divin. 10
         Jeanne et Dunois fondent sur le malin. 10
330 Le malin court, et sa voix effrayante 10
         Fait retentir Blois, Orléans, et Nante ; 10
         Et les baudets dans le Poitou nourris 10
         Du même ton répondaient à ses cris. 10
         Satan fuyait ; mais dans sa course prompte 10
335 Il veut venger les Anglais et sa honte ; 10
         Dans Orléans il vole comme un trait 10
         Droit au logis du président Louvet. 10
         Il s'y tapit dans le corps de madame : 10
         Il était sûr de gouverner cette âme ; 10
340 C'était son bien ; le perfide est instruit 10
         Du mal secret qui tient la présidente, 10
         Il sait qu'elle aime, et que Talbot l'enchante. 10
         Le vieux serpent en secret la conduit 10
         Il la dirige, il l'enflamme, il espère 10
345 Qu'elle pourra prêter son ministère 10
         Pour introduire aux remparts d'Orléans 10
         Le beau Talbot et ses fiers combattants : 10
         En travaillant pour les Anglais qu'il aime, 10
         Il sait assez qu'il combat pour lui-même. 10
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